Je n'arrive plus à dormir : quand l'insomnie devient un signal d'alarme
Vous tournez dans votre lit, les yeux grands ouverts, pendant que tout le monde semble dormir. Et si votre sommeil essayait simplement de vous dire quelque chose ?

« Je n'arrive plus à dormir. » C'est l'une des phrases que j'entends le plus souvent en première séance. Parfois dite avec lassitude, parfois avec une pointe d'angoisse, presque toujours avec ce sentiment d'être seul·e face à ses nuits.
Si vous lisez ces lignes, c'est probablement que votre sommeil vous échappe depuis quelques semaines, voire quelques mois. Vous avez peut-être déjà essayé les tisanes, les applications de méditation, les conseils bien intentionnés de votre entourage. Et rien ne change vraiment.
Je voudrais vous proposer une autre lecture : l'insomnie n'est pas le problème, c'est un message. Le sommeil est souvent le premier indicateur d'une souffrance psychique sous-jacente, bien avant que celle-ci ne se manifeste autrement.
Pourquoi le sommeil est-il le premier à lâcher ?
Le sommeil est un état de lâcher-prise. Pour s'endormir, il faut accepter de baisser la garde, de cesser de contrôler, de faire confiance à la nuit. Or, lorsque quelque chose en nous est en alerte — une inquiétude diffuse, un stress accumulé, une émotion non digérée — le corps refuse précisément ce relâchement.
C'est pour cela que les troubles du sommeil apparaissent si souvent avant que la personne identifie qu'elle traverse une période difficile. Le mental tient encore le coup la journée, mais la nuit, les défenses tombent, et ce qui était mis de côté revient.
Si vous reconnaissez aussi en vous une tension permanente, une boule au ventre, un cœur qui s'emballe, je vous invite à lire mon article sur l'anxiété et les crises d'angoisse. Sommeil et anxiété sont presque toujours liés.
Les trois visages de l'insomnie psychique
L'insomnie d'endormissement est souvent liée à un mental hyperactif. Dès que vous posez la tête sur l'oreiller, les pensées s'emballent : tout ce que vous n'avez pas fini, tout ce que vous redoutez pour demain, des conversations qui repassent en boucle. C'est typiquement un signe d'anxiété anticipatoire.
Les réveils nocturnes, en particulier entre 3h et 5h du matin, racontent souvent une autre histoire. Le corps a besoin de dormir, mais quelque chose vous tire hors du sommeil — une rumination, une angoisse plus archaïque, parfois la trace d'un événement non métabolisé. C'est fréquent dans les états dépressifs débutants ou dans le burn-out.
Le sommeil non réparateur est le plus déroutant : vous dormez vos huit heures, mais vous vous levez épuisé·e. C'est souvent le signe que votre psychisme travaille toute la nuit, que le repos est superficiel, et que des tensions plus profondes demandent à être entendues.
Stress chronique, anxiété, burn-out : le triangle invisible
Dans mon cabinet, je vois trois grandes situations où l'insomnie est le symptôme avant-coureur.
Le stress chronique d'abord, lorsque la pression s'installe sur la durée — au travail, dans la famille, dans la charge mentale du quotidien. Le système nerveux ne redescend plus jamais complètement, et la nuit, il continue de tourner.
L'anxiété généralisée ensuite, plus diffuse, où l'inquiétude devient un fond permanent. On s'inquiète pour ses proches, pour l'avenir, pour des choses qu'on ne saurait nommer. Le coucher devient un rendez-vous redouté.
Le burn-out enfin, où le sommeil s'effondre paradoxalement au moment où l'épuisement est maximal. Le corps est vidé, mais l'hypervigilance reste. C'est l'un des signaux qu'il ne faut surtout pas ignorer.
Ce que la psychothérapie peut changer
Travailler sur le sommeil par le sommeil seul (rituels, hygiène de coucher, écran évité) donne souvent des résultats limités quand la cause est psychique. C'est en remontant à ce qui empêche de lâcher prise que les nuits redeviennent vivables.
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont particulièrement efficaces sur l'insomnie. Elles aident à identifier les pensées automatiques qui s'activent au coucher, à modifier les comportements qui entretiennent le cercle vicieux (consultations répétées de l'horloge, anticipation négative, siestes compensatoires), et à restaurer une confiance dans son propre sommeil.
Selon votre histoire, d'autres approches peuvent venir compléter ce travail : l'hypnose ericksonienne pour réapprendre au corps le chemin du lâcher-prise, ou un travail plus en profondeur sur les différentes approches thérapeutiques que je propose, adaptées à ce que vous traversez.
Si vous hésitez à franchir le pas, l'article sur le déroulement d'une première séance répond aux questions les plus fréquentes.
Quand faut-il s'inquiéter ?
Une mauvaise nuit n'est pas une insomnie. Mais certains signes méritent qu'on s'arrête, qu'on en parle, et qu'on ne laisse pas la situation s'enkyster.
- Vous mettez plus d'une heure à vous endormir, plusieurs nuits par semaine
- Vous vous réveillez entre 3h et 5h du matin sans pouvoir vous rendormir
- Les pensées tournent en boucle dès que vous posez la tête sur l'oreiller
- Vous redoutez le moment d'aller vous coucher
- La fatigue impacte votre humeur, votre concentration, vos relations
- Cela dure depuis plus de trois semaines
Un espace pour vos nuits, près de Nice
Mon cabinet est situé à l'Institut Européen de Psychologie Appliquée, à Saint-Laurent-du-Var, à quelques minutes de Nice, Cagnes-sur-Mer et Antibes. Je reçois du mardi au vendredi, de 9h à 19h, au cabinet ou en visioconférence.
La première séance est un moment d'échange libre, sans jugement. On y pose le contexte, on regarde ensemble ce que votre sommeil tente d'exprimer, et on définit le chemin qui vous convient le mieux.
Vos nuits ne devraient pas être un combat. Et vous n'avez pas à le mener seul·e.
Besoin d'en parler ?
Si l'insomnie s'installe et pèse sur votre quotidien, vous pouvez prendre rendez-vous pour une première séance, au cabinet ou à distance.