← Retour aux actualités
    Accompagnement PMA
    Avril 2026
    Jenny Pena Fauq

    Deuil périnatal et fausse couche : traverser cette épreuve avec un accompagnement adapté

    Illustration douce et apaisante symbolisant le deuil périnatal - accompagnement psychologique à Nice et Saint-Laurent-du-Var

    Il y a des douleurs dont on ne parle pas, ou si peu. Le deuil périnatal en fait partie. Quand une grossesse s'arrête — que ce soit à quelques semaines ou plus tard —, c'est un monde qui s'effondre. Un avenir que l'on avait commencé à dessiner, des projections, des émotions déjà nouées à ce petit être en devenir. Et pourtant, dans le regard des autres, il arrive que cette perte ne soit pas reconnue à sa juste mesure.

    « C'était tôt, tu pourras réessayer. » « Au moins, tu sais que tu peux tomber enceinte. » Ces phrases, prononcées sans malveillance, viennent pourtant ajouter une couche de solitude à une souffrance déjà immense. Parce qu'on ne pleure pas « une grossesse de huit semaines ». On pleure un enfant espéré, un projet de vie, une part de soi.

    Dans mon cabinet de Saint-Laurent-du-Var, j'accompagne régulièrement des femmes et des couples confrontés à cette épreuve. Que la perte survienne dans le cadre d'un parcours PMA — où elle prend une dimension encore plus cruelle — ou de manière spontanée, elle mérite d'être entendue, accueillie et accompagnée.

    Fausse couche et deuil périnatal : une souffrance légitime

    Le terme « fausse couche » est en lui-même problématique. Il minimise, il banalise. Comme si le corps avait simplement fait une « erreur », un faux pas. La réalité est tout autre. Qu'il s'agisse d'une fausse couche précoce, d'une grossesse arrêtée découverte lors d'une échographie, ou d'une perte plus tardive, la douleur est réelle, physique et psychique.

    En France, on estime qu'une grossesse sur quatre se termine par une fausse couche. Un chiffre vertigineux, qui dit à quel point cette réalité est fréquente — et à quel point elle reste taboue. Pendant longtemps, la médecine elle-même a traité la fausse couche comme un « incident » — un aléa statistique qu'il fallait accepter et dépasser rapidement. Fort heureusement, les mentalités évoluent, mais le chemin reste long.

    Ce que j'observe dans ma pratique à Saint-Laurent-du-Var et auprès de mes patientes de Nice, Cagnes-sur-Mer et Vence, c'est que la souffrance liée à la perte d'une grossesse touche des dimensions multiples :

    Le deuil de l'enfant imaginé — celui à qui on avait peut-être déjà donné un prénom, un visage, une place dans la famille

    Le deuil du corps qui « a failli » — un sentiment de trahison corporelle profond, surtout quand le corps était perçu comme le garant de ce projet

    La culpabilité — irrationnelle mais tenace : « Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Est-ce que j'aurais dû... ? »

    L'isolement — quand l'entourage ne sait pas quoi dire, ou pire, minimise

    Le décalage au sein du couple — parce que chacun vit le deuil à son rythme et à sa manière

    L'angoisse face à l'avenir — la peur que ça se reproduise, qui peut paralyser tout nouveau projet de grossesse

    Chacune de ces dimensions mérite d'être prise en compte. Et c'est précisément le rôle de l'accompagnement psychothérapeutique : offrir un espace où tout cela peut être dit, entendu et travaillé.

    Quand le deuil périnatal survient dans un parcours PMA

    Pour les couples engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée, la fausse couche revêt une dimension particulière. Chaque tentative est précédée de semaines — parfois de mois — de traitements hormonaux, de prises de sang, d'échographies, d'attente. L'investissement émotionnel, physique et souvent financier est considérable.

    Quand la grossesse s'arrête après un transfert d'embryon, c'est tout un cycle d'espoir et d'efforts qui s'effondre. La question « est-ce qu'on recommence ? » se pose immédiatement, parfois avant même d'avoir pu pleurer. Le protocole médical avance, le corps doit être prêt pour le cycle suivant, et le temps du deuil est comme compressé, nié par l'urgence du calendrier.

    J'ai accompagné au cabinet plusieurs femmes dans cette situation. Ce qui me frappe à chaque fois, c'est le courage dont elles font preuve — et la solitude dans laquelle elles le font. Beaucoup n'osent pas en parler autour d'elles parce que le parcours PMA lui-même est souvent gardé secret. Et quand la perte survient, elles se retrouvent à porter un double silence.

    Dans mon approche, je veille à ce que chaque perte soit reconnue pour ce qu'elle est. Pas comme un « échec de tentative » — langage médical qui efface la dimension humaine — mais comme la perte d'un enfant possible, avec tout ce que cela signifie. J'ai écrit un article complet sur les défis du parcours PMA qui aborde ces enjeux en profondeur.

    Le couple face au deuil périnatal : des temporalités différentes

    L'un des aspects les moins abordés du deuil périnatal, c'est son impact sur le couple. Et pourtant, il peut être considérable. Parce que la perte est vécue différemment par chacun — dans le corps pour la femme qui porte la grossesse, dans l'impuissance pour le ou la partenaire.

    Il arrive que l'un des deux soit « prêt à réessayer » quand l'autre a encore besoin de temps pour pleurer. Que l'un cherche à en parler sans cesse quand l'autre préfère le silence. Que l'un se réfugie dans l'action — reprendre le travail, s'occuper, avancer — pendant que l'autre sombre dans une immobilité qu'il ne comprend pas.

    Ces décalages sont normaux. Ils ne signifient pas que le couple est en danger. Mais s'ils ne sont pas mis en mots, ils peuvent créer des malentendus profonds — « il ne souffre pas autant que moi », « elle ne veut pas avancer » — qui fragilisent la relation au moment où elle aurait le plus besoin de solidité.

    Dans certains cas, une thérapie de couple peut être un soutien précieux pour traverser cette épreuve ensemble, en respectant le rythme de chacun. J'ai d'ailleurs écrit sur le sujet dans mon article « quand consulter en thérapie de couple ».

    L'accompagnement psychologique du deuil périnatal

    Le deuil périnatal n'est pas un deuil « comme les autres ». Il n'y a souvent pas de corps à enterrer, pas de cérémonie, pas de rituel social qui vienne marquer la perte et autoriser le chagrin. L'entourage, ne sachant comment réagir, passe parfois très vite à autre chose. Et la personne endeuillée se retrouve seule avec une douleur qui n'a pas de cadre.

    C'est précisément là que la psychothérapie trouve sa place. En offrant un espace dédié — un lieu où cette perte est reconnue comme réelle, importante, digne d'être pleurée — le travail thérapeutique permet plusieurs choses essentielles :

    Nommer la perte. Mettre des mots sur ce qui s'est passé, sans euphémisme. Dire « mon bébé » si c'est ainsi que vous le ressentez. Parler de cet enfant sans être renvoyée à « il était trop tôt » ou « tu en auras d'autres ».

    Traverser les émotions sans les fuir. La colère, la tristesse, la culpabilité, parfois la jalousie envers celles qui « réussissent » leur grossesse — toutes ces émotions sont légitimes. Les accueillir dans un cadre sécurisant permet de les traverser au lieu de les enfouir.

    Démêler la culpabilité. « Est-ce que c'est parce que j'ai couru ? Parce que j'étais stressée ? Parce que j'ai bu un café ? » La culpabilité est presque toujours présente, même quand on sait rationnellement qu'on n'y est pour rien. Le travail thérapeutique aide à desserrer cet étau.

    Reconstruire un rapport apaisé à son corps. Après une fausse couche, le corps peut devenir un ennemi — celui qui « n'a pas tenu ». Retrouver une relation de confiance avec lui est un enjeu central, surtout si un nouveau projet de grossesse est envisagé.

    Préparer l'avenir, si et quand vous le souhaitez. Certaines femmes veulent réessayer rapidement. D'autres ont besoin de temps. Il n'y a pas de bonne réponse. L'accompagnement vise à vous aider à retrouver un sentiment de choix — pas de pression.

    Des approches complémentaires au service du processus de deuil

    Dans ma pratique, j'adapte les outils thérapeutiques à chaque personne et à chaque moment du parcours. Pour le deuil périnatal, plusieurs approches se complètent efficacement :

    L'écoute psychanalytique permet d'explorer ce que cette perte vient réactiver en profondeur. Parfois, un deuil périnatal fait remonter des blessures anciennes — un deuil non fait, une histoire familiale marquée par la perte, un sentiment d'abandon. Ce travail en profondeur est essentiel pour ne pas rester prisonnière de schémas répétitifs.

    L' hypnose ericksonienne offre un espace de douceur et de réparation. Elle permet de travailler sur les images intérieures, de créer des rituels symboliques de séparation avec l'enfant perdu, et de restaurer un sentiment de paix intérieure. J'ai pu observer des résultats profonds avec cette approche, notamment chez des patientes qui portaient ce deuil depuis longtemps sans avoir pu le traverser.

    Les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) sont particulièrement utiles quand l' anxiété prend le dessus : peur de retomber enceinte, hypervigilance corporelle, pensées catastrophiques récurrentes. Elles aident à identifier ces schémas de pensée et à les assouplir progressivement.

    L' art-thérapie peut également être un canal d'expression puissant quand les mots manquent. Dessiner, peindre ou modeler permet parfois d'exprimer ce que le langage verbal ne parvient pas à formuler — et cette expression non verbale fait partie intégrante du processus de guérison.

    Un espace d'écoute à Saint-Laurent-du-Var, entre Nice et Cagnes-sur-Mer

    Si vous traversez un deuil périnatal — qu'il soit récent ou ancien, qu'il s'inscrive dans un parcours PMA ou non —, vous n'avez pas à le porter seule. Mon cabinet est situé à Saint-Laurent-du-Var, à l'Institut Européen de Psychologie Appliquée, accessible facilement depuis Nice, Cagnes-sur-Mer, Vence et l'ensemble des Alpes-Maritimes.

    Je reçois du mardi au vendredi, de 9h à 19h. Si vous n'êtes pas en mesure de vous déplacer ou si vous préférez un premier échange à distance, la téléconsultation est une option que je propose régulièrement.

    Ce premier pas — prendre rendez-vous, oser dire ce que vous vivez — est souvent le plus difficile. Mais c'est aussi celui qui ouvre la porte à un vrai processus d'apaisement. Pour en savoir plus sur le déroulement d'un premier échange, vous pouvez lire mon article sur la première séance de psychothérapie.